L'olive et l’huile qui en dérive, ne constituent qu'une part infime de la biomasse produite tout au long du "processus" oléicole. Les margines et les grignons d’olives représentent la biomasse restante considérée comme résidu de la trituration des olives qui engendre des problèmes environnementaux inquiétants, en particuliers pour les margines (pollutions des cours d’eau, nappe phréatiques etc…).
L’accroissement de la production oléicole et l’introduction des techniques modernes pour l’extraction de l’huile au cours de la dernière décennie ont placé l’olivier dans une position délicate de pollueur potentiel, phénomène qui a pris de l’ampleur avec l’avènement des systèmes continus de trituration à trois phases utilisant beaucoup d’eau.
La mise à disposition de l’industrie de nouvelles technologies de trituration fonctionnant à deux phases et générant moins d’effluents liquides n’a pas pour autant contribué à résoudre ce problème, notamment à cause d’investissements lourds et des surcoûts qu’occasionne le traitement des grignons humides. De même, les nouvelles technologies coûteuses de traitement de margines (station d’épuration) et de valorisation de certaines substances des margines en cosmétique et en industries agro-alimentaires n’ont pas eu un impact signifiant sur le problème de la pollution des margines.
Ainsi, dans la plupart des pays oléicoles, même dans ceux les plus avancés, les pratiques et les procédés pour l’évacuation et le traitement de cette biomasse restent posés.
C’est pour dire que la problématique environnementale des margines et des grignons d’olives demeure entière dans les pays oléicoles et plus particulièrement dans les pays des rives Sud et Est de la Méditerranée, qui connaissent des vastes programmes de plantation et de modernisation du secteur industriel pour l’accroissement et l’amélioration de la qualité de leur production oléicole.
Ainsi, la nécessité de trouver des solutions efficaces et réalisables dans les pays oléicoles en voie de développement a amené le Conseil Oléicole International (COI) en partenariat avec le Fonds Commun pour les Produits de Base (CFC), à s’intéresser à ce problème environnemental désormais inquiétant pour toute la rive méditerranéenne.
C’est dans ce contexte que le Projet CFC/IOOC/04 "Utilisation des margines et des grignons d’olives sur des terres agricoles" a été mis en place par le Fonds Commun pour les Produits de Base (CFC) et le Conseil Oléicole International (COI) au profit de quatre pays oléicoles du sud de la Méditerranée : Algérie, Maroc, Syrie et Tunisie, avec le concours de l’Equipe Olivier de l’Ecole Nationale d’Agriculture de Meknès comme Agence d’Exécution dudit projet.
Dr Noureddine OUAZZANI
Responsable de l’Agence d’Exécution du Projet
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